04 février 2013

Tarantino, l’art de la violence jubilatoire

Django Unchained est le nouveau film de Quentin Tarantino, sorti en France le 16 janvier.

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Il se déroule au sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de sécession. C’est une histoire sur l’esclavage afro-américain mais, façon western. Elle relate le parcours d’un ex esclave, Django (Jamie Foxx), aidé par un dentiste chasseur de primes (Christoph Waltz), prêt à tout pour sauver sa femme de propriétaires sadiques (Leonardo DiCaprio, principalement).

Quel plaisir ! Mais quel plaisir on prend à assister à la vengeance d’une jeune maman persécutée par un tueur à gages sans pitié et son équipe dans Kill Bill, celle d’un groupe de cascadeuses sur un pervers misogyne dans Boulevard de la mort, puis le summum de la délectation universelle, voir enfin Hitler se faire massacrer avec sa petite bande de nazis dans Inglourious Basterds. Django Unchained ne faillit pas à la règle, puisque une fois de plus, Tarantino nous offre satisfaction en regardant Jamie Foxx se venger de toute l’oppression afro-américaine du siècle dernier.

Est-ce mal ? Sommes-nous tous des Dexter refoulés ? Doit-on culpabiliser ? Avec le talent de Tarantino pour attiser ce sentiment jouissif, nous ne devrions pas. Le réalisateur excelle lorsqu’il s’agit de façonner des stéréotypes pour provoquer empathie ou aversion du public. Il crée des fossés gentils/méchants entre les personnages pour excuser une violence extrême. Dans Django Unchained, on accompagne totalement la souffrance des afro-américains face à la barbarie des sudistes. Ceci accentué par des acteurs impressionnants. Léonardo DiCaprio est terrifiant en propriétaire pervers, Jamis Foxx nous fait frissonner en héros charismatique et on aime Christoph Waltz en sauveur humble, faisant presque oublier son rôle de nazi dans Inglourious Basterds. Notre jubilation, Quentin Tarantino l’accentue par une musique exceptionnelle et des plans photographiques emblématiques. On peut déjà juger de culte, la scène de libération de Jamie Foxx, exhibant, au ralenti, un dos nu zébré de coup de fouet, animé par une musique hip-hop entrainante.  

Le danger de cette pratique du tout blanc/tout noir, sans mauvais jeu de mots, se trouve dans l’esprit du public. Même si Tarantino se défend de toute implication politique et historique dans ses films, privilégiant le divertissement avant tout, il est évident qu’il ne peut éviter une polémique sur l’apologie de la violence.

Alors, pour tout esprit sain, c’est un film déjà culte à voir avec plaisir !

Pour les frileux des films longs : l’action, le suspens et la dynamique viennent combler les longueurs.

Pour les anti westerns : le style du réalisateur prime incontestablement sur le genre cinématographique.

DJANGO UNCHAINED : BANDE-ANNONCE VF Full HD

Posté par lauratok à 20:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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