14 novembre 2012

De la violence en fond et en forme

L’exposition L’art en guerre au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris du 12 octobre au 17 février 2013.

L’objectif du musée d’art moderne pour cette exposition : révéler toute la création en France durant la seconde guerre mondiale. Plus de cent artistes sont représentés, des toiles de maîtres aux anonymes.

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La violence de L’art en guerre vient d’abord par sa forme. Le parcours est sans réelle logique, chargé et très long. Sur le papier, on nous indique un raisonnement chronologique, tel une dissertation lycéenne : les prémices de la guerre / la guerre / la libération. En se baladant, cette cohérence bien simple est difficile à percevoir. Les trois premières salles de l’exposition montrent respectivement un retour sur la rétrospective internationale du surréalisme de 1938, suivi de documents sur les camps en France, pour arriver à des symboles de gloire au général Pétain… Le lien n’est pas évident à faire.

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Deux heures et demie, c’est le temps qu’il faut pour sillonner rapidement l’exposition. Les œuvres sont très nombreuses et les informations denses. Ce qui ne laisse plus beaucoup d’énergie à accorder aux tableaux en bout d’exposition. C’est dommage, quand on voit les grandes toiles que le musée réserve pour la fin.

La violence passe également par l’émotion. On découvre des œuvres touchantes d’artistes enfermés dans les camps de concentration, la plupart n’y survivant pas. C’est ainsi que l’on découvre Horst Rosenthal qui dessine les aventures de Mickey au camp. En choisissant ce symbole du bonheur et de l’enfance, l’artiste nous projette brutalement dans ce concentré de déshumanisation.

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L’émotion est encore palpable face à l’histoire de la galerie Jeanne Bucher. Cette femme, en pleine occupation nazie, va défendre l’art juif dans son atelier de Montparnasse à Paris. On apprend même qu’elle fait connaître Kandinsky dès 1936. 

La violence, c’est enfin la beauté de grandes toiles représentées. Picasso symbolise une partie importante de l’exposition dû à son caractère contestataire sous l’occupation. Ses toiles aux formes toujours plus étonnantes nous percutent et nous charment. On admire les œuvres de Matisse qui illuminent l’exposition par leurs couleurs. On se réjouit également de retrouver Chagall, Dubuffet, Bonnard… Enfin, on est agréablement surpris, mais sans comprendre, de finir par une série de sculptures de Giacometti. 

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L’exposition a donc du mal à s’intégrer dans son contexte et on se demande presque si une simple rétrospective sur les grands artistes de l’époque n’aurait pas été, finalement, plus pertinente.

Mise en garde : une exposition qui nécessite du temps et de l’énergie.

Pour réserver : http://b12-gat.apps.paris.fr/Offres.aspx

Posté par lauratok à 01:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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